Aujourd’hui, je vais m’adresser à toi, anonyme de la blogosphère, toi, qui comme moi n’es pas influente. Toi qui aimes pourtant ton blog de tout ton petit cœur qui bat, qui aimes écrire et partager ta passion de la beauté.
Non, pas toi, là, au fond à droite, qui n’a ouvert ton blog que pour recevoir du produit gratos et faire de la vitrine publicitaire, passe ton chemin, car tu ne m’intéresses pas.
Allez, viens copine, rions ensemble si tu le veux bien.
Les statitiques. (Oui, sta-ti-tiques, on a dit, sans « s », c’est comme ça).
Ah, les statitiques. Les statitiques, tu dis à tout le monde que tu t’en fiches un peu, que toi t’es genre tellement au-dessus de ça, tu vois. T’es une blogueuse cool et détachée.
En vrai, t’as mis 3 heures à l’écrire ton article, et tu laisses ta page de stats ouverte sur Firefox, en appuyant régulièrement sur F5 de façon presque hypnotique tout au long de ta journée (enfin, quand comme moi tu bosses pas)… et tu ne peux pas t’empêcher d’avoir un petit sourire en coin quand tu vois la barre progresser. Un peu. Microscopiquement. Mais quand même. 200 visites tu te sens satisfaite.
Et puis, tu vas papoter avec les copines de blogs qui elles, comptent dans la blogo, et qui évoquent leurs stats au détour de la conversation.
Et là, tu penses à tes 200 visites grand maximum les jours de publication.
Et tu pleures un peu. Mais tu restes digne.
Mais tu fais genre la fille pleine de détachement qui a lu tous les livres de Mathieu Ricard :
« Oh moi les stats, je m’en fous! »
Les commentaires.
C’est simple, tu en as tellement peu que tu laisses les notifications sur ton mail, aucune chance que ça spamme ta boîte. Et tu frétilles de joie quand tu en as un. Même d’une platitude absolue et en langage sms. Limite, tu laisserais les spams qui veulent te vendre du xanax.
Hellocoton
Ah, Hellocoton, HC, de son petit nom. La Une, plus particulièrement.
La Une, souvent, il faut le dire, tu aimes la critiquer.
La Une d’Hellocoton, ça te laisse souvent dubitative.
Un coup, y a que les blogs connus, c’est toujours les mêmes, c’est trop inzuste.
Un coup, y a des articles qui n’ont récolté que 3 ou 4 « j’aime ».
Bref, la Une d’Hellocoton, c’est le truc que les blogueuses beauté adore détester.
Mais la Une d’Hellocoton, quand t’es pas une blogueuse influente, tu la veux quand même.
Parce que la Une, ça te ramène du monde.
Et puis la Une, ça te flatte ton petit ego un peu malmené.
Alors, tu vas de temps en temps sur ta page HC, et tu regardes le nombres de cœurs. Et tu te dis, que encore, ce ne sera pas pour cette fois…
Les marques. Les concours.
Parce que tu aimes les deux lectrices qui viennent régulièrement lire tes articles et qui même parfois les commentent, tu as envie de faire comme les autres là-bas, les grandes : tu veux leur faire gagner du cadal. Alors, tu essaies de contacter les marques pour organiser un concours.
Sauf que.
T’es pas influente j’te rappelle.
Et que même parfois tu gagnes pas franchement bien ton pain quotidien.
Alors, tu n’as pas forcément la possibilité d’acheter des produits de la marque pour en faire des articles.
Et tu n’as même pas les stats’ pour essayer de sauver un peu l’affaire.
Et tu te prends des râteaux.
Un peu comme quand t’avais 14 ans et que tu flashais sur le bellâtre du collège là. Olivier. (Ouais, y avait pas encore de Kevin en 95. Mais y avait Olivier.).
Mais Olivier, l’était pas pour toi. L’était pour l’autre cruchasse qu’était populaire, tu vois.
Ben là, c’est pareil, tu revis un peu tes 14 piges. Sauf que t’en as 30.
Et que tu sais très bien que les marques ne te doivent rien. Que l’expression « blogueuse beauté » n’a aucune légitimité particulière à te faire recevoir des colissimo dans ta boîte aux lettres.
Et c’est dans ces moments-là que tu vois les blogueuses très influentes arrosées par les marques.
Blogueuses qui ne savent pas se maquiller et ne mettent pas en valeur le produit.
Blogueuses qui reçoivent tellement de cosmétiques qu’elles ne savent plus quoi en faire.
Blogueuses qui encensent un produit alors que dans leurs routines soins ou maquillage, bizarrement, il n’apparaît pas.
Et là, t’es humainement humaine.
Et tu dis : « Merde, c’est trop pinzuste! ».
Mais quand même, tu continues, parce que toi tu aimes ça, pour de vrai.
Et tu as plein d’envies pour améliorer ton blog. Sauf que t’as pas toujours le talent.
Tu aimerais faire des manucures aussi parfaites que Pschiit.
Mais tu sais à peine poser du vernis sans en foutre jusque sur les meubles.
Tu aimerais parfois être une bête de mode et avoir autant de style que Coline.
Sauf que tu t’habilles à la Halle et C&A et tu as autant d’imagination vestimentaire que Ginette dans les Visiteurs. (Mais heuuuu, on a les références cinématographiques qu’on peut, hein.)
Tu aimerais faire des photos aussi marie-antoinettesque-Sofia-Coppolaesque que le Poudrier Doré, mais nan, faut croire que la bonne Fée qui s’est penchée sur Doisneau n’a pas voulu se pencher sur le mien de berceau. Ni les autres d’ailleurs, ces radasses devaient se réserver pour Scarlett Johanson.
Tu aimerais avoir l’extravagance de Tête de thon, mais t’as autant de rebellitude qu’un Popples. Et si tu n’as pas connu les popples, sache que tu es jeune et que tu as de la chance.
Et puis, y a les vidéos YouTube aussi. T’aimerais bien en faire, des tutos, des revues, toussa, quoi. Sauf que tu sais bien que tu n’es pas aussi fraîche et charismatique qu’Elsamalkeup ni aussi belle que Réo qui parvient à récolter 600 abonnés en 1 mois.
Et surtout, tu as peur de finir sur le fameux topic de Beauté-Test que tu lis souvent en sous-marin, et que pour de vrai, tu rigoles aussi avec elles, mais que pour rien au monde tu voudrais y retrouver un lien vers ta vidéo.
Alors, je te le dis, à toi, ma sœur de galère, toi qui n’es pas influente de blog. Viens dans mes bras, viens faire câlin, car je te comprend, je suis comme toi.
Allons ensemble nous faire tatouer une branche de lierre vert fluo dans un salon de tatouage branchouille de notre belle province (ah ben oui, la blogueuse pas influente habite souvent en dehors de Paris) pour nous créer des liens indéfectibles.
Nan.
Ça, je déconne par contre.















Des blougs, des blougs, des blougs!